Ce cours correspond aux deux groupes de travaux dirigés de Jacques Guilhembet en troisième année de Licence de Lettres.
Les épreuves de contrôle continu (en 3h) et d'examen (4h) consistent à rédiger entièrement une dissertation sur une des trois œuvres au programme.
L6LI34LM / L6LIZ34M : LITTÉRATURE FRANÇAISE DES XIXe ET XXe SIÈCLES
Enseignement soumis à contrôle continu et contrôle terminal, et rattrapage à l’oral en session 2.
Les étudiants inscrits sous le code L6LIZ34M sont évalués par le contrôle continu uniquement, sans rattrapage en session 2.
Le romanesque de la vocation
L’idée de vocation informe le roman moderne. C’est également l’une des composantes du romanesque, de cette disposition d’esprit qui consiste à rêver sa vie, et éventuellement à la vivre, aux dimensions du roman. Le cours portera moins sur le roman de la vocation que sur son son reflux ou son éloignement, en prenant appui sur des oeuvres qui instruisent, chacune selon ses modalités propres, le procès de l’imaginaire des vies vouées.
Gustave Flaubert, L’Education sentimentale [1869], éd. Pierre-Marc de Biasi, Le Livre de Poche, coll. “Classiques”, 2002.
Jean-Paul Sartre, Les Mots [1964], Gallimard, coll. “Folio”, 1972.
Georges Perec, Les Choses [1965], 10/18, coll. “Domaine français”, 2005.
Responsable : M. Christophe Pradeau
- Enseignant.e: Jacques Guilhembet
« Glorifier le culte des images » : les Salons de Baudelaire (1846, 1859)
Tout indique que, chez Baudelaire, fils d’un peintre, lui-même collectionneur de peintures et d’estampes, le goût de la critique d’art répond à un très puissant réquisit intime comme à une intense nécessité poétique : « Glorifier le culte des images (ma grande, mon unique, ma primitive passion)», confie-t-il dans Mon cœur mis à nu. Héritier de Diderot dont on découvre les Salons au XIXe siècle, Baudelaire porte le genre à un sommet d’exigence et de concentration, en subordonnant la tâche circonstancielle du salonnier (rendre compte de la production annuelle de peinture et sculpture dans le cadre du Salon officiel) à la hauteur d’un véritable « catéchisme de haute esthétique » : il y définit sa propre esthétique, non sans variations significatives d’un Salon à l’autre, au contact des grands Maîtres admirés, comme Delacroix, et avec un sens très puissant de la « critique partiale, passionnée, politique » et poétique, définie dans le Salon de 1846 comme l’individualisme bien entendu. On s’intéressera ainsi dans ce cours aux rapports de Baudelaire avec le genre du Salon littéraire, dans le sillage de Diderot, mais aussi de ses contemporains comme Théophile Gautier ; aux préceptes et aux méthodes de la critique telle qu’il la conçoit et la met en œuvre ; aux grands enjeux de l’esthétique qui fournissent, à chaque Salon, sa dominante thématique ; et à sa manière de regarder les tableaux, sans jamais séparer le lire du voir, et en puisant dans l’iconothèque reconstituée des Salons de 1846 et 1859 les images à mettre en regard des textes.
- Enseignant.e: Didier Philippot
Cours comprenant un CM (1h) et un TD (2h), en contrôle continu intégral.
On
trouve parfois, dans la presse ou sous la plume de critiques, l’expression
“cinéma littéraire” pour désigner certains films qui semblent frayer intimement
avec la littérature, d’une manière ou d’une autre - soit en raison d’allusions
et de références, soit en raison de ce qu’on considère comme des “reprises” à
l’écran de procédés littéraires, soit en raison de la présence d’une voix-off
ou de dialogues particulièrement denses et stylistiquement travaillés. Tout en
ayant une méfiance de principe face à ce concept de “cinéma littéraire”, ou de
certains concepts voisins comme celui de “cinéma poétique”, on se demandera
néanmoins dans quelle mesure le cinéma français de la modernité, qui émerge à
la fin des années 1950, regarde explicitement du côté de la littérature, tout
en déployant des trouvailles esthétiques proprement cinématographiques qui ont
secoué un certain cinéma français traditionnel. Comment un même cinéma
convoque-t-il à ce point ouvertement la littérature et certains de ses traits,
tout explorant les possibilités du montage, de la variation des rythmes et des
plans ? Le cinéma de la modernité ne trouve-t-il pas dans la littérature une
forme d’émulation qui tour à tour l’accompagne et le force à chercher sans
cesse de nouvelles voies ?
- Enseignant.e: Fabien Gris
- Enseignant.e: Fabien Gris
- Enseignant.e: Boris Lyon-Caen
TD littérature et politique: vendredi 8h-11h
- Enseignant.e: Judith Sarfati-Lanter
Œuvre au programme : Claude Simon, L'Acacia (1989), Paris, Minuit, collection "Double" (édition de poche)
L'Acacia est un récit d'inspiration autobiographique dont les strates temporelles entrecroisées embrassent deux guerres mondiales, de la mobilisation du père en 1914 au retour du fils de la Débâcle de 1940. Face aux récits nationaux qui légitiment le sacrifice guerrier et la domination coloniale, Simon oppose une mémoire lacunaire, charnelle, irréductible à toute synthèse narrative. La crise de l'expérience historique engage indissociablement une remise en cause des narrativités téléologiques et une réinvention formelle radicale. Le cours se concentrera sur la manière dont L'Acacia articule déconstruction du mythe du progrès, poétique de la mémoire discontinue et figuration de nouveaux sujets de l'histoire (soldats anonymes, colonisés réduits au silence), rendus visibles par une écriture du sensible qui constitue, en elle-même, une forme d'engagement.
- Enseignant.e: Judith Sarfati-Lanter

Dans ce cours, les étudiants seront invités à développer leurs compétences en expression et communication orale, dans une perspective appliquée aux métiers de la communication et du journalisme (radio, podcast). Le cours visera tout particulièrement l’acquisition ou le renforcement des compétences suivantes : parler et échanger en public, organiser un discours clair et efficace en temps limité, présenter un projet professionnel à partir d’un support visuel, improviser à l’oral. Les étudiants devront par ailleurs conduire, en groupe, un projet de podcast sur le sujet de leur choix. Enfin, ils pourront bénéficier des conseils de professionnels lors de séances avec des invités issus des milieux de la communication et du journalisme.
- Enseignant.e: Servanne Monjour
Le romanesque de la vocation
L’idée de vocation informe le roman moderne. C’est également l’une des composantes du romanesque, de cette disposition d’esprit qui consiste à rêver sa vie, et éventuellement à la vivre, aux dimensions du roman. Le cours portera moins sur le roman de la vocation que sur son son reflux ou son éloignement, en prenant appui sur des oeuvres qui instruisent, chacune selon ses modalités propres, le procès de l’imaginaire des vies vouées.
Gustave Flaubert, L’Education sentimentale [1869], éd. Pierre-Marc de Biasi, Le Livre de Poche, coll. “Classiques”, 2002.
Jean-Paul Sartre, Les Mots [1964], Gallimard, coll. “Folio”, 1972.
Georges Perec, Les Choses [1965], 10/18, coll. “Domaine français”, 2005.
Responsable : M. Christophe Pradeau
- Enseignant.e: Christophe Pradeau
Bien des lecteurs de Balzac ont cherché à situer, à Saumur, la maison d’Eugénie Grandet. Les admirateurs de Flaubert sont allés sur les traces de Mme Bovary. Des milliers de touristes visitent chaque année, à Illiers-Combray, la « maison de tante Léonie », invités à y reconnaître le décor de Du côté de chez Swann.
Que nous disent ces « pèlerinages littéraires » du réalisme, de la façon dont Balzac ou Flaubert modélisent le monde en inventant un romanesque de proximité ? Dans quelle mesure le roman accompagne-t-il l’invention puis la démocratisation du tourisme, la sécularisation des existences, la mondialisation ? Le « pèlerinage littéraire » nous invite à questionner le désir de référentialité, la pertinence des catégories de « source », de « modèle », d’ « histoire vraie », de « fait divers », mais il nous conduit surtout à nous interroger sur les enjeux existentiels du romanesque, de cette attitude qui consiste à confondre le roman et la vie, attitude qui doit être comprise comme un effet mais aussi comme un matériau du roman.
- Enseignant.e: Christophe Pradeau