Cours comprenant un CM (1h) et un TD (2h), en contrôle continu intégral.
On
trouve parfois, dans la presse ou sous la plume de critiques, l’expression
“cinéma littéraire” pour désigner certains films qui semblent frayer intimement
avec la littérature, d’une manière ou d’une autre - soit en raison d’allusions
et de références, soit en raison de ce qu’on considère comme des “reprises” à
l’écran de procédés littéraires, soit en raison de la présence d’une voix-off
ou de dialogues particulièrement denses et stylistiquement travaillés. Tout en
ayant une méfiance de principe face à ce concept de “cinéma littéraire”, ou de
certains concepts voisins comme celui de “cinéma poétique”, on se demandera
néanmoins dans quelle mesure le cinéma français de la modernité, qui émerge à
la fin des années 1950, regarde explicitement du côté de la littérature, tout
en déployant des trouvailles esthétiques proprement cinématographiques qui ont
secoué un certain cinéma français traditionnel. Comment un même cinéma
convoque-t-il à ce point ouvertement la littérature et certains de ses traits,
tout explorant les possibilités du montage, de la variation des rythmes et des
plans ? Le cinéma de la modernité ne trouve-t-il pas dans la littérature une
forme d’émulation qui tour à tour l’accompagne et le force à chercher sans
cesse de nouvelles voies ?
- Enseignant.e: Fabien Gris