Souveraineté et liberté
S’il existe plusieurs conceptions du bien et du mal, comment fonder l’obéissance de tous à une loi unique ? Si tous les hommes sont égaux, comment fonder l’autorité chargée de promulguer cette loi ? Le pluralisme et l’égalitarisme modernes imposent une reformulation radicale des problèmes de la politique. C’est à Hobbes qu’on doit la version la plus marquante de cette reformulation, sous la forme d’une conception particulièrement exigeante de la souveraineté politique. Cette conception est à la fois si convaincante et si effrayante que toute la pensée politique des Lumières peut être décrite comme une série d’efforts pour refuser la doctrine de Hobbes. Le cours entreprendra de décrire cette doctrine, puis les trois grandes théories de la liberté politique qui, à l’époque moderne, s’y sont opposées : l’universalisme moral de la loi de nature (Locke), l’équilibre des pouvoirs (Montesquieu), la souveraineté populaire (Rousseau).
Textes au programme
Thomas Hobbes, Le Citoyen, chap. I-VI ; Léviathan (traduction conseillée : François Tricaud, Paris, Dalloz, 2000), chap. XIII-XXI et XXVI.
John Locke, Second traité du gouvernement (traduction conseillée : Jean-Fabien Spitz, Paris, PUF, 1995 ; on pourra également se procurer la traduction ancienne de David Mazel, publiée sous le titre Traité du gouvernement civil dans une édition plus économique : Paris, GF-Flammarion, 1992).
Montesquieu, L’Esprit des lois, livres I-VIII et XI-XII.
Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes ; Du contrat social, livres I et II.
Bibliographie complémentaire
Derathé Robert, Jean-Jacques Rousseau et la science politique de son temps [1950], Paris, Vrin, 1995, chap. v (« La théorie de la souveraineté »).
Spector Céline, Montesquieu. Liberté, droit et histoire, Paris, Michalon, 2010.
Spitz Jean-Fabien, John Locke et les fondements de la liberté moderne, Paris, PUF, 2001, chap. IV-VII.
Terrel Jean, Les Théories du pacte social. Droit naturel, souveraineté et contrat de Bodin à Rousseau, Paris, Seuil, 2001.- Enseignant.e: Philippe Audegean