Etude iconographique (image fixe: gravure, dessin, peinture, photographie, bande dessinée...), dans une perspective méthodologique, historique et culturelle, visant à la préparation écrite et orale des épreuves du concours du Capes en espagnol à partir de "dossiers" comportant différents types de documents iconographiques (Espagne, Amérique Latine, du XVIe à nos jours).


La filmographie de Carlos Saura sous le prisme de l’intermédialité :

Nous nous intéresserons dans ce séminaire à l’œuvre de Carlos Saura sous le prisme de la notion d’intermédialité, qui s’attache à l’étude de la mise en relation de différents médias. L’intermédialité peut relever de phénomènes de transferts (point de vue diachronique), mais également de la coprésence de différents médias au sein d’une même œuvre (point de vue synchronique). En ce sens, l’œuvre du cinéaste aragonais constitue un corpus extrêmement riche qui offre la possibilité d’aborder les arts, à travers le prisme de l’intermédialité, un concept qui s’attache particulièrement aux spécificités techniques et à la matérialité des productions culturelles mises en relations.

Nous étudierons donc les relations tissées entre les différents arts dans un corpus de films de Carlos Saura par le biais de citations, d'allusions, de mises en abyme ou d'appropriations cinématographiques de différentes productions artistiques : plans-tableaux, chorégraphies de la caméra, rôle central de la musique, mises en abyme photographiques, théâtrales ou poétiques.



Nous nous interrogerons sur la construction et l’évolution du personnage de Carmen à partir de l’analyse de la nouvelle de Prosper Mérimée (1845) puis de son adaptation, trente ans plus tard, par Georges Bizet, Henri Meilhac et Ludovic Halévy. Le récit de Mérimée et l’opéra, l’un des plus représenté au monde, proposent deux visions stéréotypées et orientalistes d’une femme fatale espagnole et gitane. Ces deux textes fondateurs ont été à l’origine d’une série de représentations iconographiques et cinématographiques dans lesquelles les caractérisations du personnages ont évolué au fil du temps, passant, entre autres, d’une représentation de la femme fatale animalisée et mue par ses instincts de domination à celle d’une femme libre de ses choix. Dans ce corpus intermédial, l’accent sera mis également sur les différentes représentations picturales de ce personnage archétypal, de Gonzalo Bilbao, Julio Romero de Torres, à Juan Gris et Pablo Picasso, entre autres ; les variations hipertextuelles comprenant photographies, bandes-dessinées et caricatures seront aussi explorées. Ce personnage aux multiples facettes n’a cessé d’évoluer tout en conservant certains traits immuables. Nous analyserons ainsi la prégnance des stéréotypes et nous interrogerons sur l’évolution de ce mythe, sur ses transformations et ses possibles resignifications. Dans le cadre de ce séminaire, nous impliquerons les étudiant.e.s dans l’organisation d’une journée d’étude sur ce sujet qui aura lieu au second semestre de l’année universitaire, et qui proposera d’interroger le mythe et ses réinterprétations actuelles à l’aune de la quatrième vague féministe.

« Née du chant et ne vivant que par les sons, la poésie » :

la traduction de la poésie d’avant-garde comme médiation créatrice

 

Dans le prolongement de l’approche de la poésie par la traduction du premier semestre, ce second semestre sera consacré à la poésie espagnole des années vingt, depuis la réception des littératures européennes d’avant-garde grâce au travail essentiel de traduction mené à bien dans les revues littéraires espagnoles (notamment, Cosmópolis, Grecia et Vltra, où des traductions de Mallarmé, Apollinaire, Reverdy, Tzara ou Breton côtoient les premiers poèmes de Federico García Lorca, Gerardo Diego, Juan Larrea ou Lucía Sánchez Saornil) jusqu’à la réception de la « jeune poésie espagnole » en France grâce au travail de traducteurs comme Valery Larbaud ou Mathilde Pomès, notamment grâce au numéro monographique de la revue Intentions paru au printemps 1924.

Nous étudierons plus particulièrement les traductions de Mathilde Pomès — elle-même poète et hispaniste —, à la lumière des réflexions qu’elle a formulées sur son travail en tant que traductrice dans ses écrits critiques et dans sa correspondance avec les poètes qu’elle a traduits (notamment, Pedro Salinas), avant de composer et traduire notre propre anthologie de la poésie espagnole des années vingt, un siècle après sa première réception en France.

Cet atelier d’ouverture sera consacré à la diffusion de la littérature espagnole contemporaine à travers deux formats différents : l’entretien avec un·e auteur·trice et l’exposition – ce qui nous permettra de mener une réflexion sur comment intégrer la littérature dans un discours expositif ?, quels documents retenir ?, comment préparer une exposition en ligne / en présentiel ? Les travaux du site "Littératures mode d’emploi" pourrons nous servir de référence en ce domaine.

Plus précisément, nous travaillerons sur l’œuvre de la dramaturge et metteuse en scène Lucía Miranda, qui sera présente à Paris le 20 mars 2026 pour que nous puissions réaliser avec elle l’entretien que nous aurons préparé dans le cadre de l’atelier et lui montrer l’exposition que nous aurons conçue.