Le séminaire se proposera d’interroger la laideur, dans l’art et la littérature, comme un concept fécond pour définir le champ esthétique à travers l’alternance de son rejet et de sa valorisation paradoxale. Envisagée selon une longue diachronie allant de l’Antiquité à nos jours, la laideur a connu trois moments : le moment pré-esthétique (la laideur est assimilée au mal, l’esthétique réduite à l’éthique) ; le moment esthétique (correspondant à la progressive formulation, durant la période moderne, d’une beauté spécifique du laid) et le moment post-esthétique inauguré après 1945 et qui fait de la beauté une catégorie non pertinente pour l’art, voire une notion dangereuse. Nous esquisserons cette histoire en nous attachant particulièrement à l’époque moderne, pour nous demander dans quelle mesure la pensée de la laideur a contribué à l’autonomisation du champ esthétique. Une brochure de textes sera distribuée au début du semestre.
- Enseignant.e: Emmanuelle Henin Buffon