Parce qu’il est une aporie philosophique et un mystère pour la théologie, parce qu’il est aussi impensable qu’omniprésent, le mal trouve un lieu privilégié d’expression dans la littérature, qui peut le décrire, tenter de lui donner un sens, ou à défaut, se présenter comme une consolation. La littérature se fait l’écho des interprétations de l’existence du mal, à partir des trois grands récits fondamentaux (gréco-romain, juif et chrétien) qui ont modelé l’Occident. Plus profondément, le mal interroge la fonction de la littérature et de l’art : ceux-ci peuvent-ils s’affranchir complètement de la morale ? Peut-on montrer le mal sans se compromettre avec lui ? La littérature peut-elle exercer une fonction thérapeutique, en aidant le sujet à l’exorciser ? Ce séminaire constitue le prolongement de celui du premier semestre sur la laideur (même si chacun peut être suivi indépendamment), car il interroge l’imbrication étroite de la morale et de l’esthétique dans la définition des frontières et des finalités de l’art. Une brochure de textes sera distribuée au début du semestre.
- Enseignant.e: Emmanuelle Henin Buffon