Peintre par excellence de la modernité technique et industrielle, Fernand Léger (1881-1955) est l’auteur d’une œuvre qui traverse certains des moments les plus décisifs de l’art du premier XXe siècle : conduit au cubisme par l’exemple de Cézanne, il en élabore une version personnelle dès avant la Première Guerre mondiale puis en fait le point de départ d’une esthétique de la machine qui le relie à plusieurs autres courants de son temps, dont le purisme d’Amédée Ozenfant et de Charles-Edouard Jeanneret (Le Corbusier). Léger prône alors un « nouveau réalisme » accordé à la beauté plastique de la civilisation industrielle, avant de s’écarter de ses modèles mécanistes pour faire place à d’utopiques visions d’un éden terrestre, où l’harmonie sociale régit de nouveaux rapports entre les humains, la nature et l’environnement. L’approche monographique n’est donc que le point de départ de ce cours, qui rayonnera autour de son objet en cercles de plus en plus large, vers d’autres artistes et en englobant la peinture, l’architecture, la photographie et le cinéma expérimental.