Grenzen der Vernunft / La raison et ses crises
Au lendemain de la Première Guerre mondiale, l’idée – issue des Lumières – d’une raison universelle, garante du progrès et de l’émancipation, se trouve profondément ébranlée. La rationalisation croissante du monde moderne ne produit pas seulement de l’ordre et du contrôle, elle laisse aussi affleurer un sentiment de perte de sens et d’impuissance, et doit se confronter à de nouvelles limites structurelles : les pulsions inconscientes mises au jour par la psychanalyse et, plus largement, certaines dimensions de l’existence humaine que la pensée logique ne parvient pas à saisir. Cette crise s’approfondit encore avec la catastrophe nazie et la Seconde Guerre mondiale, qui en constituent le point de rupture le plus radical. Ce cours propose d’explorer ce moment de remise en question, des lendemains de la Première à ceux de la Seconde Guerre mondiale, qui engage non seulement les manières de penser le monde, mais aussi celles de juger et d’agir collectivement, en particulier sur le plan politique. Il s’appuiera notamment sur des textes de Max Weber, Sigmund Freud, Martin Heidegger, Theodor W. Adorno et Max Horkheimer, ainsi que Hannah Arendt, qui abordent chacun, depuis une perspective différente, cette « crise de la raison ».
- Enseignant.e: Léa Barbisan