
Depuis l’Antiquité, la musique a été au centre de nombreuses réflexions philosophiques. De grands philosophes étaient aussi des musiciens très avertis, comme Rousseau, Nietzsche ou Adorno. D’autres, sans être directement musiciens, ont donné à la musicologie des concepts tout à fait fondamentaux, comme Bachelard ou Gilles Deleuze. Réciproquement, les musiciens ont aussi été parfois en dialogue avec les philosophes (Mendelssohn avec Hegel), ils ont croisé la philosophie dans leur réflexion théorique (Schaeffer avec Husserl) ou même ont eu une démarche double de penseur et de compositeur (Wagner ou, plus près de nous, Hugues Dufourt). La musique, quand on explore cet immense corpus intellectuel, devient plus qu’un simple objet de pensée : elle est une forme de la pensée, un élément majeur de la vie de l’esprit. Quant à l’esthétique, la branche de la philosophie qui émerge au milieu du XVIIIe siècle pour s’intéresser spécifiquement aux arts, elle n’est certainement pas restée cantonnée aux seuls arts « plastiques ». Il y a une esthétique de la musique, et des débats intenses qui se reproduisent en se renouvelant au cours de l’histoire. Au-delà de la querelle des bouffons ou de la dialectique entre les anciens et les modernes, l’esthétique musicale a mis au jour d’autres points de fuites, formalisme et naturalisme, empirisme et subjectivité, etc., qu’il faut apprendre à reconnaître à l’œuvre dans bien des styles musicaux et dans bien des débats historiques.
- Enseignant.e: Alexandre Cerveux
- Enseignant.e: Jean-Marc Chouvel
- Enseignant.e: Danielle Cohen-Levinas
- Enseignant.e: Theodora Psychoyou