La question de l’esthétique émerge en tant que telle au milieu du XVIIIe siècle dans les écrits d’Alexander Gottlieb Baumgarten qui la définit comme « science de la connaissance sensible ». Rien n’est sans doute
moins prédisposé à faire l’objet d’une science que le sensible, et l’idée même de « connaissance sensible » mérite d’être interrogée. À partir des écrits de David Hume, la voie la plus crédible semble être celle de
l’expérimentation. L’Esthétique va donc suivre, parallèlement à son élaboration comme branche de la philosophie, la méthode expérimentale qui s’élabore au cours XIXe et du XXe siècle jusqu’à ce qu’on appellera une « science de l’art ». La musique n’est évidemment pas à l’écart, on pourrait même dire qu’elle est l’archétype du sensible, et l’art le plus rétif à la connaissance. On essaiera de rendre compte d’une part de l’histoire de cette science nouvelle qu’on a appelé « esthétique expérimentale », en passant par la « psychophysique» de Helmoltz, la « musicologie cognitive » de Otto Laske, les travaux de Robert Francès et Michel Imberty et les récents développements des « sciences cognitives de la musique », mais aussi des débats qu’elle a suscités et que l’ère de l’intelligence artificielle impose de reconsidérer très sérieusement.
- Enseignant.e: Jean-Marc Chouvel