Ce cours propose une réflexion sur les modalités discursives à travers lesquelles l’identité culturelle italienne s’est construite entre la fin du XVIIIᵉ siècle et l’unification nationale (1861). En fait, le cours souhaite questionner la nation non comme une réalité naturelle, mais comme une communauté imaginée, produite par des récits, des symboles et des traditions culturelles. Dans une péninsule longtemps fragmentée sur les plans politique, linguistique et social, la littérature devient un instrument privilégié de fabrication d’un imaginaire national commun. Le Risorgimento marque ainsi le moment où les intellectuels participent à « faire les Italiens » tandis que la politique entreprend de « faire l’Italie ». À travers les œuvres de Foscolo, Manzoni, Leopardi, Mazzini, Pellico, Berchet, Nievo et De Sanctis, le cours analyse et problématise la formation d’un canon littéraire et les principaux récits de la nation : le mythe de la Rome antique, la représentation de la patrie comme figure féminine sexualisée, l’opposition entre un passé glorieux et un présent de décadence, la distinction entre identité latine et altérité « barbare », ainsi que la question de la langue comme fondement de l’unité nationale face à la pluralité des dialectes.

Bibliographie :

- Banti, Alberto M., La nazione del Risorgimento. Parentela, santità e onore alle origini dell’Italia unita, Torino, Einaudi, 2006.

- Di Gesù, Matteo, Una nazione di carta. Tradizione letteraria e identità italiana, Roma, Carocci, 2014.

- Jossa, Stefano, L’Italia letteraria, Bologna, Il Mulino, 2006.

- Sapegno, Maria Serena, L’Italia dei poeti. Immagini e figure di una costruzione retorica, Roma, Aracne, 2012.