Invitation au voyage dans le temps
et l’espace, ce séminaire de musicologie urbaine explorera les rapports
dynamiques entre fait urbain et fait musical à l’époque des Lumières. Nous
analyserons les caractéristiques de la topographie musicale d’un corpus de
villes situées sur plusieurs continents, de taille, de statut et de rayonnement
très différents (capitales ou villes moyennes, villes libres d’Empire, villes
coloniales, villes thermales, etc.) Il s’agira de déterminer le degré de
spécialisation des lieux de musique en matière de genres musicaux et de
répertoire, et de distinguer les pratiques musicales et les modes de réception
de la musique qui leur sont spécifiques. Nous chercherons à évaluer dans chaque
cas l’impact des pouvoirs confessionnel et politique sur le fait musical urbain,
pour montrer en quoi les lieux de sociabilités musicales confortent ou
remodèlent la répartition des espaces confessionnels et séculiers, les sphères
privée et publique, les rapports de genre, et les rapports culturels, voire
politiques et économiques entre les échelles locale, nationale et
supranationale. Nous convoquerons également les notions de lieux centraux, de
systèmes et de réseaux urbains et analyserons leur rôle dans l’élaboration du
discours esthétique, éthique et scientifique sur la musique. Ces notions
permettront également d’aborder la question de l’émancipation et de la
professionnalisation des musiciens, et d’étudier l’impact du fait urbain sur la
carrière et la production musicale de figures plus ou moins célèbres (Mozart,
Viotti, Reinagle, etc.)