Ce cours propose une relecture critique de l’histoire de l’écologie sonore, de son émergence au World Soundscape Project jusqu’à ses reformulations contemporaines. Nous suivrons les transitions sémantiques et les déplacements conceptuels observés depuis les années 1960-70 : de l’acoustic ecology canadienne (Schafer 1977) à l’« écologie sonore » apparue avec la traduction française de 1979, puis à l’éco-acoustique (Sueur et al. 2014 ; Farina & Gage 2017), à l’« écosophie sonore » (Barbanti 2023) et au « milieu sonore » (Solomos & Che 2018 ; Solomos 2023). Ces passages ne relèvent pas d’une simple diversification terminologique : ils cristallisent des tensions entre description et prescription, entre science environnementale et projet esthétique, entre technophilie et critique des technologies. L’approche mobilise l’histoire culturelle et les Science and Technology Studies pour interroger ce que ces récits laissent hors champ, en particulier les médiations techniques pourtant constitutives de la discipline (Sterne 2003 ; Hennion & Levaux 2021).

 

Le cours articule approche théorique et séances d’écoute analytique d’œuvres clefs du répertoire : compositions à base de paysages sonores, dispositifs spatialisés, installations sonores, pratiques de biosonification.