
Ce cours propose de redécouvrir un pan largement méconnu de
l’histoire de l’art occidental : l’art celtique. Déployé sur plus d’un
millénaire, du Ve siècle av. J.-C. au IXe siècle apr. J.-C., il
accompagne les grandes mutations politiques, religieuses,
techniques et sociales, depuis l’essor des élites guerrières
continentales de l’âge du Fer, le passage à la romanisation, jusqu’à
l’Irlande chrétienne confrontée aux conquêtes scandinaves.
L’approche choisie est résolument anthropologique : l’art n’est pas
envisagé comme une production « décorative » ou « mineure »,
mais comme une pratique sociale et symbolique, étroitement liée
aux fonctions du pouvoir, au prestige des élites et à la mise en
image de conceptions religieuses et héroïques. L’étude
contextualisée des motifs, des répertoires fantastiques, des objets
de prestige (armes, parures, monnaies, objets liturgiques ou rituels)
permettra de saisir comment les Celtes ont donné forme à une
forme de visualité, unique dans le monde antique. Une attention
particulière sera portée aux foyers insulaires (Irlande, Écosse,
Grande-Bretagne), espaces de continuités et de transformations. La
question des survivances irlandaises occupe ici une place centrale :
comment certaines formes, motifs et techniques issues de la culture
celtique se transforment dans le temps long et se poursuivent dans
le christianisme irlandais, puis dans les contextes des contacts et de
la colonisation viking ? Le cas des interactions entre Irlande et
Scandinavie permettra d’explorer ces dynamiques de transmission et
d’hybridation.
L’objectif de ce cours est donc d’ouvrir un horizon de recherche peu exploré en histoire de l’art, et de donner aux étudiantes et aux étudiants des outils pour mieux comprendre les logiques sociales, symboliques et interculturelles à l’œuvre dans l’art celtique, au-delà des stéréotypes et des clichés ou nationalistes qui ont longtemps marqué sa réception.
- Enseignant.e: Tara Chapron