Ce séminaire théorique et pratique propose d’explorer la pluralité des manières d’écouter le vivant. Partant de l’hypothèse qu’il n’existe pas une écoute, mais des régimes d’écoute historiquement et culturellement situés, nous interrogerons les cadres qui structurent notre attention aux milieux : de la promenade d’écoute schaferienne (Schafer 1977 ; Freychet 2022) aux critiques contemporaines d’une « oreille blanche occidentalo-centrée » (Wright 2022) et aux propositions d’écoute post-humaine (Lacey 2024) ou multi-espèces (Di Croce 2021). Nous travaillerons la notion d’écoute située : qui écoute, depuis quelle position, avec quels appareils, et selon quels seuils de perceptibilité ? La question « qui parle pour les non-humains ? » (Imhoff & Quirós 2022) sera déplacée vers une interrogation opératoire : comment fait-on parler les non-humains, c’est-à-dire quelles opérations de traduction organisent l’accès auditif à des phénomènes qui ne produisent pas nécessairement de son audible ? Le séminaire alterne séances théoriques et ateliers pratiques : promenade d’écoute, exercices d’attention, prise de son de terrain (field recording) et initiation à la sonification. Le microphone sera examiné comme un instrument situé : ses spécifications, son placement et sa directivité décident de ce qui devient audible et de ce qui reste hors champ (Westerkamp 2021 ; Barad 2007).