En 2024, 4 299 473 affaires ont été soumises aux parquets, qui ont traité les cas de 1 940 006 personnes mises en cause – soit près de 3% de la population française (source : le système d’information décisionnel pénal). Que l’on y soit confronté directement (comme victime, comme témoin ou comme accusé), ou que l’on se borne à suivre différents procès dans les journaux (Dominique Pélicot, Joël Le Scouarnec, attentats du 13 novembre 2015…), il est impossible d’échapper à la présence de la justice pénale. Or celle-ci, qui correspond pour une large part à ce qu'Aristote nommait la justice corrective (Ethique à Nicomaque, V, 7), appelle un grand nombre d’interrogations philosophiques. Ce cours en aborde plusieurs, autour de trois grands thèmes. Enquêter, d’abord : pourquoi enquêter ? qui doit enquêter ? comment enquêter ? Punir, ensuite : pourquoi punir ? qui, et quoi punir ? comment punir ? Réparer, enfin : que ce soit en complément ou en alternative à la punition, comment réparer la commission d’un délit, et quelle place donner à la victime dans cette réparation ? Différents auteurs, classiques (Beccaria, Montesquieu, Kant, Hegel, Nietzsche…) comme contemporains (Foucault, Hart, Duff, …), seront mobilisés pour travailler ces questions.
- Enseignant.e: Cecile Degiovanni